






Le croquis est mon premier geste de toute création, ils sont réalisés sur des carnets de dessin en couleur, mais le plus généralement en noir et blanc au jour le jour et au gré de voyages. Beaucoup de ces dessins ont été réalisés sur les plages, espace de liberté, de mouvement. D’un geste immédiat J’essaie de capter d’un geste rapide une attitude, un mouvement qui traduit l’humeur , le caractère de la personne dessinée et de son environnement. Dans un croquis dessiné le repentir n’est pas possible, seul la spontanéité et la vitesse du geste peuvent traduire l’instant.
Un croquis rapide inscrit aussi un espace, une distance, une proximité dans un paysage au sens du décor comme dans une pièce de théâtre.
Le croquis dessiné s’approprie aussi le temps, toujours court de la scène dessinée. Le dessin dans ce cas se compare à l’instantané photographique où juste avant il est trop tôt et juste après il est trop tard. Dessiner dans cette circonstance, c’est observer, capter, saisir et mémoriser la vue d’ensemble et chaque détail qui fait la singularité et la pertinence de la scène observée. L’oeil et le geste de la main ne font qu’un.
Encre de Chine, aquarelle, pastel…
Le croquis réalisé en couleur exige plus de rapidité encore car il faut capter et exprimer les jeux de couleur et de lumière. Pour la technique j’utilise le plus souvent l’encre de Chine noire avec un pinceau sur un papier au grain très fin ou lisse. Pour la couleur l’aquarelle est également très spontanée ret rapide sur un papier lisse en très prégnant. Les pastels gras ou secs ou crayon de couleur exigent aussi d’utiliser un papier adapté à la rapidité de réalisation. Le choix du format n’influe pas sur l’exigence de la spontanéité du geste.
Chaque croquis dessiné est unique… Chaque croquis dessiné est unique.. ceci semble une évidence, mais il est quasiment impossible de retrouver la spontanéité d’un geste pour la réalisation d’un croquis car celui-ci est chargé d’une émotion, d’une sensibilité éphémère au seul l’instant de l’observation et du dessin. Pour bien vous les présenter lors de votre venue dans l’atelier, de nombreux dessins ont été extraits de leur carnet d’origine et placés dans des pochettes transparentes.
Le dessin, la force d’un langage universel.
J’ai eu la chance que Giovanni Giannini me demande de devenir son assistant, cela m’a permis très tôt d’apprendre à transmettre aux étudiants la singularité, la force, la conviction d’une image dessinée. Quoi de plus beau que de voir sur une simple feuille blanche se créer un monde, un univers avec un simple crayon. Le dessin c’est avant tout une pensée, c’est le choix, celui d’une idée, un engagement, une expérience sensorielle qui va bien au-delà du format du support.
Mon dessin se ballade, ce peut-être un vagabondage de la pensée avec des images imaginaires dessinée avec réalisme.
Quand je dessine, j’aime le geste, la puissance intuitive de la main qui va parfois plus vite que la pensée, cette main qui fuit sur la feuille, il faut la suivre, parfois la rattraper.
Dessiner c’est aussi « aimer » ou « haïr » car dessiner c’est s’approprier le sujet, vouloir le posséder bien qu’il ne reste toujours immatériel et subjectif.
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